ACCUEIL >>Rocade Nord et ambiance électrique au conseil municipal
Dans la même rubrique
Sur les mêmes thèmes
 Plan de déplacements urbains : les écologistes veulent un PDU au niveau de la région urbaine
 Pour un PDU sans rocade !
 Pensons à l’avenir
 Les inondations dans l’entrée Ouest Buclos-Verdun rappellent l’incongruité des projets de constructions de logement proposés par la commune dans cette zone au schéma de secteur de l’agglomeration (SCOT) et pour partie dans le projet de Ville de Meylan.
 Conclusions des commissaires enquêteurs sur l’utilité publique de la rocade Nord : un véritable réquisitoire
 3 questions à Sébastien Rogez
 L’Echo Vert N°68 - Mars 2010
 Projet de renouvellement urbain du quartier de l’Esplanade
 Interpellation de l’autorité environnementale par des élus isérois
 GRAND GRENOBLE Olivier Bertrand, Conseiller général (Verts) : « Grenoble doit rester une ville à taille humaine »

 1ères Assises Nationales de la Construction Passive
 les villes européennes face au changement climatique : les plans de réduction du CO2 urbain et les quartiers durables
 Conférence-débat « Réflexions pluridisciplinaires pour les politiques climatiques »
 Rocade Nord de l’Agglomération Grenobloise : Position de la Ville de Grenoble pour les suites à donner
 Echo de la session du Conseil Général - Juin 2010
 Suite à donner au rapport de la commission d’enquête sur le projet de rocade Nord
 Cette majorité ment aux Grenoblois
 Rocade ou contournement Nord : les mêmes joueurs rejouent encore...
 Un avis défavorable, très favorable pour la vie démocratique locale !
 Rocade Nord de Grenoble : avis défavorable de la commission d’enquête, un exemple pour toute la France !
 Intervention d’Olivier Bertrand sur le projet de Rocade Nord
 Echo de la session du Conseil Général - Mars 2010
 Budget 2010 du Conseil Général
 Sémitag : deuxième réseau de France au niveau des salaires
 Budget du Conseil Général : l’année du choix
 Rocade Nord de Grenoble : la commission d’enquête donne raison aux écologistes
 3 Questions à Lionel Coiffard
 2010 : l’année des choix !
 Les écologistes répondent à PARFER Lyon-Crémieu
 Journée rencontre avec les candidats en Nord-Isère
 Le "billet gagnant pour l’avenir" des écolos
 Le ticket gagnant pour l’avenir
 Le billet gagnant d’Europe Ecologie

 A qui va servir la rocade nord ?
 Pétrole : comment y sommes-nous entrés ? Pourquoi et comment en sortir ?
 PDU et Rocade Nord
 Comment se déplacera-t-on demain en Grésivaudan et dans la région grenobloise ?
 L’enquête publique concernant le Plan de Déplacements Urbains (PDU)
Article publié sur Grenews.com le 16/06/2010
Rocade Nord et ambiance électrique au conseil municipal
Le 16 juin 2010 / nb de visites 125

C’était lundi. Ça a duré plus de 2h45. Au tennis, sur terre battue, on parlerait d’un match long, âpre, offensif, mais avec pas mal de balles qui finissent dans le couloir. En d’autres mots plus politiques, sur les terres débattues de la mairie, on dira que beaucoup d’élus ont dénoncé, riposté, parfois provoqué, gueulé, et que c’est de temps en temps tombé à côté. L’ambiance ? Tendue. Mais comment imaginer qu’un long fleuve tranquille puisse serpenter le long de la rocade Nord ?

Car oui, c’est bien la rocade Nord, ou plutôt l’après projet de rocade Nord, qui était à l’ordre du jour du conseil municipal de Grenoble. Une quinzaine de jours après la Métro. Et quelques jours seulement avant de passer par la case "conseil général". La question, entre les lignes, était celle-ci : et maintenant, on fait quoi ? A la Métro, on s’en souvient, les élus ont pris acte de l’avis défavorable de la commission d’enquête publique, rappelé "la nécessité d’améliorer le contournement de l’agglo notamment au Nord". Surtout, à une très large majorité, ils se sont prononcés pour "un nouveau projet de rocade Nord". Lundi, la Ville de Grenoble, assez nettement aussi, a voté "oui". Sauf que la question posée n’était pas vraiment la même. D’ailleurs, tiens, la délibération présentée lundi soir en mairie de Grenoble n’était pas non plus tout à fait la même que celle qui était prévue lundi matin ni même celle qui était sur les bureaux des élus lundi en tout début d’après-midi. Le conseil municipal devait décider d’être "associé aux études que le conseil général devra poursuivre sur le contournement nord pour proposer une nouvelle rocade" ? La phrase a sauté et donc, lundi soir, le conseil devait plutôt "demander au conseil général d’étudier toutes les hypothèses possibles et notamment celles soumises par la Ville de Grenoble", d’être "associé aux études, notamment aux études qui concerneront directement Grenoble". Le mot "rocade", porté disparu dans la version finale de la délibération, "comme s’il était tabou" (Fabien de Sans Nicolas/UMP)... En revanche, dans cette version finale, un nouveau paragraphe évoquant "la prise en compte des expressions des habitants de Grenoble et de l’ensemble des communes de l’agglomération, ainsi qu’à celles des associations, des acteurs sociaux, économiques et environnementaux" et "une large concertation". Quelques changements, donc. Sur quelques lignes. Mais ça a largement suffit pour mettre le feu aux poudres et bouleverser la donne et les votes (on y reviendra plus bas). Les oppositions dénonçant "des manoeuvres politiciennes" quand la majorité, elle, se félicitait dans son ensemble (c’est l’une des surprises de la soirée) d’un texte "ainsi enrichi". La politique, comme toujours, est d’abord une question d’appréciation.

30 000 véhicules en moins chaque jour dans Grenoble mais...

Bon, et le débat proprement dit alors ? Le maire Michel Destot l’avait souhaité "serein". Et pour donner le ton espéré, il avait évoqué "tout ce qui a été entrepris", en matière de bus en site propre, de vélos, de déambulations piétonnes... "Nous respectons l’avis de la commission et il n’est pas question de passer en force". Alors ? Alors la parole était donnée à Jacques Chiron (PS), l’adjoint aux Déplacements. Qui poursuivait le satisfecit des années 2002/2008. En chiffres. "Les bouchons persistent aux entrées, A48/A41, mais aussi au coeur de l’agglomération. Mais la situation aurait été bien pire et même inacceptable si nous n’avions pas réalisé des efforts très importants pour gagner en fluidité. En 2002, les transports urbains pour la ville-centre représentaient 284 000 voyages/jour. En 2008, c’est 358000". Même bons résultats pour les transports interurbains, les TER... "et ça fait des voitures en moins". Vous avez des chiffres ? "Nous avons commencé en 2002 à compter le nombre de véhicules entrants et sortants de notre ville, au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest. En 2002 ? 430 000 véhicules entraient et sortaient chaque jour. En 2008, ce chiffre tombe à 400 000". Mais où Chiron voulait-il en venir ? On y arrive... "Avec le développement de la ville, la presqu’île, l’esplanade... mais aussi l’extension de la ligne B, la ligne E... nous devons trouver une solution pour faire fonctionner nos entrées de ville". Un autre chiffre "qui est parlant" : "L’entrée Nord fonctionne à 120%" donc très mal. Et quand la ligne E "avec ses contraintes" va arriver "ce sera encore pire". Alors "nous devons trouver des alternatives". Et comme attendu en lisant la délibération "new generation", ce n’est pas la rocade Nord, qu’elle soit Cognet ou DDE, qui est sortie du chapeau "mais des propositions alternatives pour faire face à l’urgence de 2014". Parmi lesquelles un pont sur l’Isère au bout de Durand-Savoyat, la réalisation d’un franchissement des voies SNCF dans l’axe de l’avenue des Martyrs "traitée en boulevard urbain, comme le boulevard Foch". Et ces hypothèses grenobloises "devraient permettre une amélioration de circulation". Le tout "avec un délai de six mois de réflexion". Sinon ? Place au (long) débat.

Pas une voix de la majorité n’a manqué

Et, tiens, commençons d’abord par ceux qui ont dit "oui". Par le carton plein dans les rangs de la majorité. Oui, carton plein, pas une seule voix égarée en chemin, même pas une petite. Merci le mot "rocade" qui disparaît, le mot "concertation" qui arrive, et le temps de réflexion, et les hypothèses avancées... "Nous apprécions l’évolution du texte et le fait que la mention rocade ait disparu", disait le MoDem Stéphane Gemmani. "J’ai voté contre à la Métro, je voterai pour ici", ajoutait Monique Vuaillat pour les raisons expliquées quelques lignes plus haut. Et le communiste Patrice Voir, "favorable à un délai supplémentaire de six mois pour les études nécessaires". Et le socialiste Stéphane Siebert. Et Eléonore Perrier (MRC) se félicitant de "l’ouverture au dialogue". Et Aline Blanc-Tailleur pour Go Citoyenneté. Et Philippe de Longevialle (Grenoble Démocrate). Et l’écologiste de la majorité Eric Grasset, rappelant son opposition farouche au projet de rocade Nord mais avouant avoir été sensible à la proposition de faire participer au débat les habitants et les associations... "Je remercie tous ceux qui ont travaillé à faire évoluer cette délibération. Cette capacité de débat n’existait pas dans le groupe d’où je viens, les Verts".

"La réponse est simple, c’est soit oui, soit non. Pas peut-être..."

Car les écologistes, eux, n’ont pas bougé d’un iota. Mot "rocade" ou pas, Olivier Bertrand a condamné "l’hypocrisie de la majorité. Le mot rocade a beau avoir été enlevé, il est présent entre chaque ligne". Et puis "vous naviguez à vue". Et puis "je le répète, les études étaient bidon pour nous faire croire que la rocade était un projet d’intérêt général". Et puis "tous vos changements ne trompent personne". Et Gilles Kuntz en ajoutant une couche en formulant une contre-proposition "face aux approximations, manques, erreurs, mensonges, dissimulations en tromperies..." Tendue, l’ambiance devenait électrique. A droite, c’est Olivier Roux (UMP) qui a fustigé "l’échec de la gauche sur ce dossier", parlé d’une "bouteille aux 3/4 vide" et rappelé que puisque "le contournement nord a disparu de la délibération (...) nous allons très longtemps payer vos quinze ans de tergiversations et de mauvais choix". A droite, c’est aussi et surtout Matthieu Chamussy (futur-UMP) qui a attaqué. Fort. D’abord Jacques Chiron "qui a le même argumentaire qu’en commission, alors que la délibération a profondément changé. C’est à se demander s’il ne nous ressortirait pas exactement le même argumentaire en cas de rocade sous-marine". Puis attaquant le maire. Fort là aussi. En sortant de sa manche une intéressante "discussion privée". Notamment, lisait-il, entre le futur président du SMTC (Michel Issindou) "demandant que le projet de contournement Nord ne soit pas abandonné et de ne pas traîner", le préfet "expliquant qu’il soutiendrait les élus locaux", le président du conseil général "estimant que le projet est nécessaire mais ajoutant qu’il ne se prononcera que si la Ville (de Grenoble) et la Métro le lui demande". Et Michel Destot dans cette discussion ? "Position floue", souriat Chamussy. "Le 23 avril, vous avez dit qu’il ne fallait pas abandonner mais qu’il était préférable de prendre le temps de la réflexion. Et vous avez indiqué, lors de cette discussion privée, votre difficulté à prendre une telle délibération à court terme". Or, "maintenant que la Métro s’est prononcée nettement, vous changez encore d’attitude. Et moi, eh bien je ne connais pas votre avis sur la question. Alors je vous pose une question toute bête : "Monsieur le Maire, pensez-vous qu’une rocade Nord est nécessaire ? La réponse est simple, c’est soit oui, soit non. Pas peut-être..." Les écologistes ont une conviction que nous combattons, mais que nous respections. J’attends depuis 1995, Monsieur le Maire, vous que vous exprimiez une conviction". La réponse n’allait pas tarder. Electrique, voire brûlante.

Et ça s’agace, et ça s’énerve !

Le premier adjoint Jérôme Safar y allait. Pour souligner que "ce que nous votons aujourd’hui n’est qu’un point d’étape répondant une urgence, en aucun cas un point final". Puis, pour contre-attaquer : "Les attaques personnelles contre le maire sont inacceptables". La prise de parole d’Olivier Bertrand ? "Totalement méprisante pour tous les autres élus, comme si vous et vous seul déteniez la vérité, vous qui restez ancré dans vos certitudes (...) Mais je comprends : vous êtes gêné, vous ne savez pas comment réagir, vous ne vous attendiez pas à cette délibération, au travail cohérent que nous avons accompli pour avancer dans l’intérêt de tout le monde, de la population... Alors vous ne pouvez que faire le procès de la méthode et rien d’autre". On était dans les déplacements, mais aussi clairement dans la politique. Safar qui lance qu’il y a "des ponts étranges" entre la droite et les écologistes ? La droite et les écologistes qui râlent en choeur. Chiron qui regrette que le Vert Bertrand n’ait "pas la même attitude ni le même respect des hommes à la Ville et au conseil général" ? Olivier Bertrand qui s’agace. Et le maire, qui, deux heures plus tôt, réclamait un débat serein ? Offensif pour ne pas écrive franchement énervé par moments. Renvoyant Chamussy à ce que lui, Michel Destot,l avait dit dès 1995, sur son engagement pour un contournement Nord, et "ces gens vivants dans la chlorophylle dans le Grésivaudan qui viennent envahir notre ville". Brouhaha dans la salle du conseil. Sachant, a-t-il complété lundi, qu’il "faut avoir une vision globale. En fonction des réalités géographiques, de nos difficultés spécifiques... Et cette vision globale ne peut pas se résumer à un "pour" ou "contre" la rocade. Le contournement Nord, c’est un peu un écosystème". Sourire de Chamussy : "Quelqu’un peut traduire ?" Peut-être Jacques Chiron ? Ou pas, l’élu préférant déplorer "le manque de propositions concrètes et chiffrées des écologistes. Nous avançons, nous construisons, nous prenons en compte les réalités et l’urgence... et puisque le maire me demande de me calmer, j’en resterai là, je ne répondrai pas à tout ce que j’ai entendu pendant les débats, car certaines positions ne sont que des caricatures". "Et ça, ce n’est pas du mépris ?", lançait l’UMP Hervé Storny.

Les élus ont donc voté. Majorité contre opposition. En attendant que le sujet revienne sur le tapis. Dans six mois, même lieu, même heure, mêmes hommes.



 
Document sans nom

Les Verts de l'Isère, 10 rue Marx Dormoy 38000 GRENOBLE
Tel : 09 71 49 91 52
Verts38@orange.fr
Permanences : Lun., mar., mer., jeu. de 15h à 17h.

verts Espace Adhérents

Les Verts de l'Isère

rss