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Article paru dans La Lettre des Verts de Bièvre-Valloire - N° 12
De l’air ! de l’air ! mais du bon !
Le 3 février 2010 / nb de visites 116

L’AIR dans lequel nous vivons est devenu un horrible cocktail que nous sommes obligés de respirer pour des besoins vitaux. On y retrouve les fumées de nos véhicules et des usines dont celles de la chimie bien présentes dans la vallée du Rhône, des traces de gaz radioactifs venus d’ailleurs et relevées par les capteurs de la Criirad de Péage-de-Roussillon, de fines particules carbonées, des pollens [1] divers. Même les monuments datant de plusieurs siècles souffrent de cette mixture. Le constat du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’environnement (LGGE, CNRS/ Université Grenoble 1) est sans appel : la combustion de biomasse (feux de cheminée, feux agricoles et feux de jardins) est responsable de 50 à 70% de la pollution particulaire carbonée hivernale en Europe.

L’arrêté préfectoral de l’Isère qui interdisait ces feux en plein air a subi quelques aménagements en fin 2008 afin de prendre en compte les contraintes locales. A noter que ces contraintes locales retenues par l’autorité préfectorale se sont révélées prioritaires sur la santé. Etrange ! Ainsi, on observe toujours des feux [2] en plein air au champ ou au jardin, allumés avec papier, petit bois ou paille voire hydrocarbures ou plastiques (on en profite pour éliminer ses déchets) sans se soucier du voisinage. Les déchets verts ne sont souvent pas secs et les périodes autorisées non respectées. IL y a également l’écobuage [3]. Nous devons absolument changer nos habitudes, faire autrement. La santé doit primer sur tout le reste. Pour faire face aux contraintes locales, des solutions individuelles ou collectives sont réalisables dès lors que l’on en a la volonté ; volonté citoyenne et/ou volonté politique : compostages avec l’aide de guides composteurs proposés par le SICTOM. Unités de broyage.

Les coupes de gazon, de haies, d’arbres sont encore récupérées dans les déchetteries de Beaurepaire et de Monsteroux-Milieu. Autant en profiter même s’il faut y aller avec son véhicule, le bilan pollution sera toujours intéressant. Développer les transports collectifs non polluants, exiger des entreprises qu’elles ne rejettent plus leurs effluents gazeux dans l‘atmosphère. A ce sujet, nous intervenons quand il le faut, au côté des associations qui veillent sur les analyses de l’air et participent aux CLIS (Comité local d’information et de surveillance) d’entreprises. Aménagement des cheminées individuelles déjà existantes, pour l’amélioration du rendement calorifique et de la filtration des fumées. De plus cela représente une masse importante de gaz à effet de serre qu’il faut absolument réduire.

MAL

[1] *Parmi les pollens, on retrouve ceux qui se révèlent allergisants. On sait que l’augmentation du taux de CO2 favorise la production de ces pollens allergisants et l’extension de l’implantation des espèces végétales qui les produisent. Au cours de l’année 2009, année de sécheresse, on a pu constater que là où les autres végétaux périclitaient, l’Ambroisie se portait très bien et occupait rapidement la place laissée vacante, rendant pour les agriculteurs, la tâche de destruction de cette plante pratiquement impossible. On sait aussi que les pollens en général, associés aux restes de la pollution de l’air s’avèrent lors de la floraison, encore plus pénibles pour les personnes souffrant de gênes respiratoires.

[2] ** ** Les feux de végétaux émettent du gaz carbonique (CO2), des oxydes d’azote (NOX), des dioxines, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et des poussières  ; ceci aggravé par le fait que les végétaux sont souvent humides ou verts. Un seul feu peut polluer plusieurs km2. 50 kg de matière végétale brûlés polluent autant que 100 véhicules diesels parcourant chacun 5 km en ville.

[3] ****** L’écobuage : une pratique agricole ancestrale encore pratiquée de nos jours, qui s’avère en pratique régulière dangereuse pour le sol et ses microorganismes, même si certains avantages peuvent apparaître profitables momentanément. Le sol ne doit plus être considéré comme un simple support mais comme un véritable milieu de vie à protéger.



 
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